PRO A M - "Le CNM est toujours là, quel que soit l'effectif..."

Le Cercle des Nageurs de Marseille est un club où l'on gagne. Ce constat est une certitude au vu de son palmarès, néanmoins, cette année, peu aurait parié sur leur victoire en finale.

Frédéric Audon a accépté de revenir sur cette saison en répondant à nos questions.

 

Quel bilan général peut-on faire de cette saison très particulière ?

Malgré la défaite en Coupe de la Ligue, qui était un des objectifs phare de la saison, la victoire en championnat éclipse les difficultés que nous avons rencontrées tout au long de cette année et nous laisse une image très positive au final.

Le renouvellement de l’équipe avec beaucoup de jeunes était-il une volonté affirmée de la part du club ou plus un concours de circonstance lié aux différents départs ?

Les départs de la saison précédente ont été actés très tôt et nous ont laissé du temps pour construire une équipe compétitive pour cette année. Les arrivées (4) et l’intégration des jeunes, compensaient les départs, donc nous respections nos plans à l’entame de la saison.

 

Le début de saison a été relativement compliqué pour Marseille, vous avez même pointé à la sixième place à un moment donné, place à laquelle le CNM est peu habituée. Comment est-ce que le groupe et le club ont vécu ces moments difficiles ?

Les réelles difficultés ont commencées dès la reprise… Tout d’abord, Mathias Olivon, un garçon très important au sein de l’effectif, s’est blessé assez gravement et a dû être opéré, puis Thibaut Simon a été suspendu… Notre gardien, a lui aussi été blessé gravement à la main… Si on ajoute, à cela l’absence de Nicolas Constantin-Bicari, l’interdiction de jouer temporaire de Jordan Kremers-Taylor et l’indisponibilité d’Alexandre Camarasa, on peut effectivement parler de difficultés passagères. Pour l’anecdote, lors de la réception de Douai, lorsque nous pensions avoir « tout eu », entre les blessures et les suspensions, Dusan Markovic a appris le décès de sa grand-mère et a dû se rendre en Serbie durant le week-end… Bref, nous n’avons jamais aligné une équipe au complet avant le mois de Février dernier. Pour dégager du positif de tout cela, il faut féliciter Paolo (Malara), Jean-Marie (Olivon) et Marc (Amardeilh) qui ont travaillé à l’intégration de nombreux jeunes joueurs formés au club. On a d’ailleurs vu que leur niveau de jeu était nettement supérieur en fin d’année et a grandement contribué à l’obtention de notre 37ème titre.

 

Au delà de votre niveau de jeu, il y avait aussi le fait que les prétendants aux Play offs et au titre commencent à se faire nombreux en PRO A. Comment est-ce que vous appréhendez cette nouvelle concurrence ?

La concurrence est saine et c’est très important pour l’image du water-polo en général. Cela prouve aussi que le travail effectué au sein des clubs est qualitatif et leur permet des investissements gagnants. Le fait que le nombre de matchs à enjeu soit en augmentation, ne peut qu’être bénéfique pour l’ensemble des équipes de la Pro A.

 

La défaite en finale de la Coupe de la Ligue à quelques jours des Play offs aurait pu déstabiliser le groupe. Qu’avez-vous mis en place pour remobiliser les joueurs ? Quel a été le message ?

Contrairement à ce que nous pouvions penser, la défaite en finale de la Coupe de la Ligue a donné de la force au groupe car même si le score laisse penser que Montpellier a dominé largement les débats, cela a été l’occasion de voir quelles étaient leurs forces mais aussi leurs faiblesses. L’approche tactique qui a été mise en place par le staff avant les demi-finales des play offs a réellement gêné le jeu des Montpelliérains et les a même énormément surpris.

Ce titre 2017 a t-il une saveur particulière ?

Effectivement. Cela est sans doute lié aux difficultés rencontrées tout au long de l’année mais aussi à tout ce qui s’est dit durant l’intersaison. Beaucoup de clubs ont été présentés comme favoris tandis que nous n’avions plus que l’étiquette d’outsider malgré le fait que nous étions champion en titre. Les départs de plusieurs internationaux (Rémi, Ugo, Enzo, Sébastien) ont laissé penser à beaucoup que nous serions affaiblis, et les performances de début de saison  ont conforté cette perspective tout comme l’éviction de Miroslav (Randic) et de Dimitrije (Risticevic) en cours de saison. La victoire finale est donc une grande fierté car elle nous conforte dans nos choix et envoie un message fort aux autres clubs: le CNM est toujours là quel que soit l’effectif.

Comment est-ce que vous préparez la saison prochaine ?

Comme la saison passée, avec beaucoup de sérénité car la majeure partie de l’effectif sera conservée cette année. L’intégration des jeunes est une chose naturelle ici et ceux qui gagnent leur place doivent aussi se battre pour la conserver. Pour autant, cette saison a vu l’éclosion de jeunes joueurs qui ont prouvé avoir le niveau pour jouer dans l’équipe première. Leur progression est constante et ils seront encore plus forts l’an prochain, j’en suis persuadé ce qui est de bon augure pour la suite. L’objectif restera élevé car en tant que champion en titre, nous ne souhaitons pas faire moins bien que la saison écoulée...